Un site tenu par un panda roux? Que faites-vous encore là, foncez !

L’ara de Spix, un oiseau éteint à l’état sauvage

L’ara de Spix, un oiseau éteint à l’état sauvage

C’est une triste information qui est tombée début du mois de septembre. L’ara de Spix est éteint à l’état sauvage.

Alors, vous ne savez peut-être pas ce qu’est un ara de Spix. Est-ce que vous connaissez le dessin animé Rio? Car oui, il s’agit des deux protagonistes principaux du film, ces fameux oiseaux bleus.

Mais ceux qui sont fan du film me diront que dans le film ce sont des Aras bleus. Oui, c’est ce qui est dit dans ce dernier. En revanche, il s’agit bien d’ara de Spix. Ils sont appelés à tort Aras bleus dans le film.

Alors laissez votre déguisement à la maison, car même si nous partons au Brésil, le cœur n’est pas à la danse. Désole.

Petit portrait de l’ara de Spix

Un petit mot avant de rentrer pleinement dans le sujet. L’Ara de Spix fait parti de la famille des Psittacidae, un taxon qui regroupe plusieurs espèces : les perroquets, les perruches, les inséparables, les touis, etc.

Pour votre petite culture, le genre Ara regroupe les oiseaux les plus grands de la sous-famille des Psittacidae. Mais tous les oiseaux dont le nom vernaculaire comporte le mot ara ne sont pas membre de ce genre. En général, les membres du genre Ara font entre 30 et 90 cm et possèdent un plumage coloré, à dominante rouge ou verte ainsi qu’une longue queue et un puissant bec.

ara de spix

Apparence de l’ara de Spix

Comme vous vous en doutez après mon introduction, l’ara de Spix est bleu. Son corps entier et bleu, avec parfois une coloration un peu verdâtre sur le ventre et grise sur la tête.

Il mesure entre 50 et 60 cm et peut atteindre une envergure de 64 cm. Il pèse environ 350g. Son gabarit s’apparente à celui de l’Ara d’Illiger, mais sont apparence semble plus proche de l’Ara Hyacinthe. En effet, ce dernier étant également bleu, l’ara de Spix y est souvent comparé.

Comme annoncé dans l’introduction, l’ara de Spix est souvent appelé « ara bleu », mais il s’agit en réalité de son cousin. Et malheureusement, lui aussi est en voie de disparition.

Habitat et comportement

L’ara de Spix provient du Brésil. Et plus précisément de la forêt amazonienne, au nord-est du pays. Là, il y vit dans des troncs d’arbres, notamment le tabebuia caraiba, dans lesquels il fait son nid. Son habitation se situe dans les caatingas (des landes broussailleuses, épineuses, sèches et plates qui se trouvent le long des cours d’eau saisonniers).

L’oiseau est relativement sédentaire, bien qu’il puisse effectuer quelques déplacements en fonction de la nourriture disponible ainsi que des arbres pour la nidification. Les chutes de pluie peuvent également être un motif de déplacement.

L’ara de Spix a une espérance de vie estimée à environ 28 ans dans la nature. En captivité, cette espérance augmente de 10 ans.

ara de spix habitat
Petit aperçu des caatingas, l’habitat des aras de spix

L’ara de Spix, un oiseau éteint à l’état sauvage

Observé pour la première fois en 1819 par le naturaliste Johann Baptist von Spix, c’est en 1854 que l’oiseau sera identifié comme une espèce distincte par le naturaliste Charles Lucien Bonaparte. Ce dernier nommera l’oiseau ara de Spix en l’honneur de son collègue.

Ces observations n’étaient déjà pas faciles en ce temps-là, et pour cause, l’ara de Spix est un oiseau rare. Avant même qu’il ne subisse les méfaits de l’Homme, l’oiseau était difficilement observable et seulement une centaine avait été observé à l’état sauvage.

Les menaces qui pesaient sur l’espèce

Depuis 1967, la législation brésilienne protégeait l’oiseau, qui figurait d’ailleurs sur l’annexe I de la CITES depuis sa création. Vous savez, on en a déjà parlé, il s’agit d’une liste qui regroupe les espèces dont le statut est défavorable. Elle a pour but de lutter contre le braconnage et le commerce illégal des espèces. D’ailleurs, la possession d’ara de Spix comme animal de compagnie était prohibée par la loi brésilienne depuis 1960. D’après la convention de Washington (CITES), il était même interdit de commercialiser les plumes de l’oiseau.

Malgré ces mesures, l’Ara de Spix a quand même subit tout ce que ces législations et mesures visaient à éviter. Le braconnage est donc un facteur important dans la disparition de l’oiseau. Mais ce n’est pas la seule chose qui a conduit à son extinction.

L’autre facteur important dans son extinction, comme souvent, est la réduction de son habitat. En effet, comme vous le savez tous, la forêt amazonienne subit fortement le processus de la déforestation. Dans les années 1990, un dernier survivant sauvage fut observé. L’étendue de son territoire de nidification était alors de 30 km²… Pourtant la forêt amazonienne c’est pas petit quoi, 30 km² ça représente rien dans cette immensité. Et c’est tout ce qu’il restait du territoire de l’individu.

Enfin, une dernière cause à l’extinction de l’oiseau fut l’introduction de l’abeille africanisée au Brésil. Ces dernières utilisaient les mêmes arbres que ceux utilisés par l’oiseau pour faire son nid. Les abeilles attaquaient alors l’oiseau pour le déloger ou l’empêcher de faire son nid.

abeille africanisee
« L’abeille tueuse, c’est mon petit surnom. Alors fait pas ch*er motherf*cker »

Une tentative de réintroduction

En 1995, un individu mâle a été observé dans la nature. Un ara de Spix femelle, mais d’origine sauvage, a alors été relâchée pour qu’elle le rejoigne et ainsi tenter un accouplement.

Mais ce dernier s’était apparié avec un Ara d’Illiger solitaire. Malgré le fait que l’ara de Spix mâle et femelle se soient rencontrés, ils ne formèrent pas de couple. La femelle disparue et le mâle ne fut plus observé depuis 2000.

Il a alors été émis que ce dernier est mort et c’est à partir de là que l’UICN a reconnu l’espèce comme éteinte dans la nature.

Éteinte à l’état sauvage… Mais pas en captivité

L’ara de Spix a donc totalement disparu dans la nature. Malgré une observation supposée en 2016, l’individu n’a jamais été revu et ne permet pas de penser que l’espèce subsiste.

Cependant, aujourd’hui, l’oiseau possède encore des représentants en captivité. Ces derniers sont présents au Qatar, aux îles Canaries, en Allemagne et au Brésil. Des échanges d’oiseaux ont lieu entre les différents centres possédant l’espèce, afin de favoriser la reproduction. Ainsi, la population d’ara de Spix pourra augmenter, et peut-être être réintroduite dans la nature. Ces échanges doivent également favoriser la diversité génétique et éviter la consanguinité entre les individus, chose qui arrive facilement dans les programmes de réinsertion, notamment quand il reste peu de représentants de l’espèce.

Néanmoins, une question persiste, celle de savoir si les oiseaux en captivité seront capables de survivre dans la nature. En effet, chez les aras, leurs comportements dans leur milieu d’évolution sont basés sur l’apprentissage et la transmission des traditions. Il leur faut des années pour découvrir leur environnement. Il semble donc difficile pour ces individus captifs de repartir de zéro dans la nature, alors qu’ils n’ont aucune information sur cet environnement.

ara de spix bébé

 


 

Aujourd’hui, une grande volière de 400 hectares est consacrée à la réintroduction de l’espèce. Elle est destinée à apprendre à l’oiseau à évoluer dans son environnement naturel. En apprenant à voler, à nidifier, à se nourrir… Tout est mis en œuvre pour reproduire les conditions de la vie sauvage. La population locale est même mise à contribution. En effet, on leur enseigne à protéger les aras et lutter contre es braconniers. Et cela se fait dès l’école.

Même en occident, on essaie de sensibiliser à la condition de cet oiseau. Le film Rio s’inspire de l’histoire du dernier mâle vivant dans la nature auquel on a envoyé une femelle captive. Dans le film les rôles sont inversés, mais le process est le même. Mais lors de la sortie du film il était déjà trop tard pour cette espèce.

L’ara de Spix est devenu un symbole de la situation critique que subissent de nombreux oiseaux. Sa notoriété, gagnée grâce au dessin animé dont il est le héros, lui permet d’apparaître en première des actualités. Mais d’autres espèces d’oiseaux ont également disparues à l’état sauvage. Et de nombreuses sont menacées. Même en France, de nombreux oiseaux sont menacés d’extinction.

L’ara de Spix est aujourd’hui devenu symbole de la menace, et de l’espoir qui peut persister. Oiseau déjà rare par nature, il existe encore 80 individus en captivité. Et si les choses vont bien, cette population devrait augmenter et finir par retourner à l’état naturel.

C’est donc une lueur d’espoir qui devrait animer chacun d’entre nous pour lutter contre la destruction de notre planète et de ses habitants. Il est temps de s’unir et d’agir pour faire bouger les choses !

Ara de Spix rio

Laisser un commentaire

Fermer le menu