Quel est le bilan un mois après le Népal?

Après un mois dans la poussière, le bruit et les senteurs d’épices, nous voici de retour en France. Un mois s’est écoulé depuis que Cuteman et moi-même sommes rentrés du Népal. Et autant vous dire que le dépaysement s’est également fait dans ce sens-là. Au final, quand on part au Népal, on est dépaysé en arrivant là-bas, mais également en rentrant.

Voilà l’article qui fait suite à notre ressenti à chaud lors de notre retour.

Dans ce bilan final, nous allons plus loin que juste dire ce que l’on pense du Népal. Ce voyage nous a marqués et nous a fait réfléchir sur beaucoup de choses. Ainsi, vous trouverez notre avis sur notre destination, mais également un voyage plus spirituel au plus profond de notre esprit.

Comme pour le précédent article, nous allons combiner ma pensée à celle de Cuteman en un seul et même article. Vous ne pourrez pas dire qu’on écrit pleins de fois le même sujet, juste pour ajouter du contenu et des articles sur le site !

Installez-vous confortablement, enfin si vous voulez, on vous oblige à rien, et bonne lecture !

Le Népal par un panda roux

Le Népal vu par votre fidèle panda roux, Rouroux

Ce voyage au Népal m’aura appris une chose. L’Asie, ce n’est pas pour moi. Pas pour le moment en tout cas. Pas pour un petit panda roux qui commence tout juste à vagabonder.

Le fait d’avoir grandi en France a complétement chamboulé mon évolution naturelle. C’est pourquoi je ne me sens pas à l’aise en Asie. Mais rien n’est figé, et cela peut changer. Peut-être qu’après avoir baroudé un peu sur le globe, je serais prêt à affronter cet univers si différent de celui que je connais actuellement.

Première expérience

Comme vous le savez, le Népal était mon premier grand voyage. Je m’étais déjà un peu baladé avec Cuteman, mais nous n’étions pas parti aussi loin. Et pas dans un pays aussi différent, dans lequel tous nos repères allaient être faussés. Ce fut donc très déroutant, mais c’est ce que nous recherchions aussi à travers ce voyage.

Après un début très difficile, l’acclimatation s’est faite. Malgré le fait que je m’étais préparé au choc, il fut plus grand que mes expectations. Je pense vraiment que c’est le plus dur dans ce type de voyage, et notamment quand on part dans un pays aussi différent du nôtre. Le fait de se retrouver dans un monde que l’on ne connaît pas, dont on ne connaît pas les règles et qui nous semble complétement fou.

foule-katmandou

L’impression de chaos que renvoie Katmandou n’aide pas à s’y sentir bien. Il y a du bruit, du monde, de la poussière, de la pollution… Pleins de choses qui font que le malaise de l’étranger s’accentue plus on plonge dedans.

Le fait de voir la misère tous les deux mètres, et de se dire que c’est tout à fait normal ici, renforce ce malaise. En France, on se sent déjà mal d’ignorer ou de ne pas aider les quelques SDF que nous croisons. Mais les rues de Katmandou respirent tellement la misère et la pauvreté qu’on se sent mal d’avoir eu la chance de ne pas naître ici.

La raison de ma venue au Népal

Mon objectif, lorsque j’ai décidé d’aller au Népal, était de retrouver ma famille. Même si j’aime ma vie en France, je ressentais un vide en moi qu’il fallait combler. Celui de retrouver les miens, au moins une fois avant de poursuivre mes aventures de petit panda roux voyageur. Couplé au désir de voir des pandas roux dans la nature de Cuteman, notre destination nous convenait parfaitement.

Mais comme je vous le disais dans l’article précédent, les choses ne se sont pas produites comme prévues. Toutes les pistes que nous avions pour voir les pandas roux tombaient à l’eau. Les associations ne voulaient que notre argent, et finalement le pire arriva. J’appris que ma famille avait disparu

Alors, vous vous doutez bien qu’ils ne sont pas simplement partis en vacances se faire dorer la pilule en sirotant des cocktails au bambou. Des gens mal intentionnés, la vie ou la précarité de la situation de mon espèce, ont conduits à ce drame.

Et tout s’écroule

Vous imaginez bien qu’après avoir appris ça, mon séjour a perdu de sa saveur. Je n’avais plus envie de rien. Je souhaitais juste rentrer, me blottir dans ma grougroutte et ne plus rien faire.

C’est ce que j’ai fait pendant quelques jours. Recroquevillé dans ma grougroutte portative, j’attendais que le temps passe.
Je me réveillais quand le sommeil n’avait plus envie de moi, et j’attendais qu’il repasse me chercher. Grignotant les quelques bouts de bambous que j’avais, sans quitter mon antre. Ce n’est pas vraiment le souvenir le plus joyeux de mon séjour…

Mais heureusement, Cuteman était là. Il m’a remotivé et m’a soutenu dans cette épreuve. Et grâce à lui, je suis sorti de cette léthargie négative. Ensemble nous avons affronté et apprivoisé la ville jusqu’à s’y sentir bien.

Un constat révoltant

Bien que cet évènement fut l’un des plus douloureux de ma vie, il en est devenu l’un des plus positifs également. La cause de mes pairs me préoccupait déjà beaucoup avant mon départ. Mais aujourd’hui je me sens encore plus concerné par ça.

J’ai été au Népal, j’ai discuté avec les locaux qui m’ont raconté comment évolue la nature dans les montagnes. J’ai vu comment la population se comporte et la contradiction qui existe dans ce pays.

Une religion qui prône le respect de la nature et de toute vie animale. Un comportement inconscient qui est destructeur pour la nature et les animaux. Les populations ne sont pas informées et n’ont pas conscience que jeter ses emballages dans le fleuve qui passe devant chez eux est néfaste.

Pollution du fleuve bagmati

Ce n’est pas le pire que j’ai vu. Mais à titre d’illustration…

Ils ne savent pas le mal que cela occasionne. Mais ils ne sont pas les seuls à blâmer.

Les touristes, qui snobent la population à la vue de tant d’ignorances, et qui pour assouvir un désir et une envie folle de frimer, partent polluer le sommet de l’Everest.

J’ai lu des articles de journaux qui parlaient de la difficulté de descendre tous les détritus laissés par les alpinistes. Mais qu’est-ce que des tonnes de déchets impossibles à rapatrier pour avoir le plaisir de dire « j’suis monté là-haut ».

Au final c’est l’espèce humaine entière qui est juste inconsciente, et pas seulement les Népalais. On les juge ignorants parce qu’ils viennent d’un pays pauvre, mais en quoi sommes nous mieux, nous occidentaux.

Nous fermons les yeux sur l’éradication de tout un écosystème pour assouvir un plaisir de bouffer du Nutella. On se sent tellement supérieur qu’on utilise des animaux pour tester les gaz d’échappement…

La motivation d’un combat quotidien

Ma nature misanthrope de panda roux, couplée à ce que je vois chaque jour sur les réseaux, aux infos et dans les journaux, font grandir un sentiment amer en moi. Celui de voir ça et de ne pas pouvoir le changer. Ce voyage, à travers les évènements que j’ai vécus et vus, a renforcé un désir profond qui se trouve en moi.

Dans notre société civilisée, nous parlons de plus en plus de l’écologie, de notre impact sur l’environnement et les espèces, du braconnage… En résumé, de la connerie humaine. Sauf que nous ne nous rendons pas compte de la réalité des choses. Que pour nous, cela semble normal de jeter à la poubelle et de recycler. Mais au Népal, il n’y a pas une poubelle dans la rue. La rue est la poubelle.

 

De ce fait, j’ai encore plus envie d’agir pour aider notre planète et les êtres qui vivent dessus. Même si je ne peux pas réellement changer les choses, je peux me battre pour que l’idée se propage. Pour que vous, lecteurs, fassiez des actions chaque jour, qui compenseront l’ignorance d’autres populations en plein développement. Pour que votre mode de consommation soit plus intelligent et moins nocif pour vos colocataires terrestre, aérien et marin.

Plus que jamais, je veux me battre pour ceux qui sont sans défense face à la cruauté de certains humains, et à l’ignorance d’autres. Je veux que tous ensemble, on améliore la vie de tous, car il n’y a pas que les humains qui méritent un « confort » de vie.

 

Papouilles et bambou, votez Rouroux !

retour nepal

Le Népal par un humain

Le Népal vu par Cuteman

Ce qui est dingue avec Katmandou, c’est qu’il est impossible de rester indifférent. Quasiment toutes les personnes que j’ai rencontrées me disaient qu’au début aussi elles avaient détesté Katmandou. Mais qu’à un moment donné on s’y faisait et qu’on appréciait la ville. À quoi je pensais que ce ne serait pas mon cas.

« Katmandou te manquera »

J’ai rencontré un couple qui vient chaque année en Inde puis à Katmandou. Et ils me disaient qu’à chaque fois qu’ils sont ici, ils détestent, regrettent et se demandent pourquoi ils sont revenus dans ce bordel.

Mais tous les ans depuis 10 ans, ils ressentent ce besoin de revenir. Je trouvais ça assez fou et contradictoire, et surtout, je n’arrivais pas à le comprendre. Mais aujourd’hui, je vois exactement ce qu’ils voulaient dire.

Katmandou rebute lors de son premier contact. Encore plus pour moi dont c’était le premier gros voyage, dans un pays hardcore niveau hygiène alors que je suis soigneux… Bref, c’était un défi. Et je ne vous cacherais pas que ce n’était pas tous les jours facile.

eau katmandou

L’eau à Katmandou… Je n’ose même pas vous montrer les WC…

Relativiser sur sa condition

Ce voyage m’a fait prendre conscience de pleins de choses vis-à-vis de ma vie en France. Tout d’abord de la chance que nous avons ici.

Nous prenons tellement de choses pour acquises et naturelles qu’il nous semble impossible que d’autres personnes ne puissent pas connaître ça. C’est très cliché comme phrase, mais c’est tellement véridique.

J’ai eu du mal à me faire au Népal et à apprécier mon séjour (les problèmes de santé encourus n’aidant pas). Ce n’était pas un très bon moment sur le coup. Mais lorsque j’y pense aujourd’hui, ou que j’en parle, je ne retiens que le positif. Et même lorsque je parle du négatif, j’en parle avec une pointe de nostalgie en me disant que j’y ai survécu. Et surtout, c’est des anecdotes rigolotes à raconter !

Un équilibre difficile à maintenir

Depuis que je suis rentré, je suis plus calme. Je m’énerve moins et j’essaie de relativiser. De nature fataliste, ce qui peut sembler pessimiste et négatif pour certains, je m’efforce de trouver le positif. Je travaille sur moi pour maintenir les enseignements et la philosophie acquise lors de ce voyage. Mais ce n’est pas toujours facile, surtout ici.

À Strasbourg, il y a quelque chose qui me choque. Les gens ne font absolument pas attention à leur environnement. Ils sont dans leur bulle et ne se soucient pas de ce qu’il se passe autour. De ce fait, cela engendre un chaos dans un espace si carré et normé.

Lorsque je suis revenu, je me suis baladé en ville. Je suis sorti du tram à homme de fer (pour les Strasbourgeois) et j’ai marché vers la cathédrale en passant par la place Kléber. Pour information, entre l’arrêt de tram et la traversée de la place, il y a 5 minutes de marche maximum.

Sur ces 5 minutes de marche, 6 personnes me sont rentrées dedans. En un mois de séjour à Katmandou, qui grouille de monde et dont les rues et ruelles sont assez étriqués, 3 personnes me sont rentrées dedans.

C’est sûrement anodin pour vous. Mais cela illustre bien le fait que malgré le gros bordel et le chaos du Népal, c’est organisé. Les gens s’y retrouvent et une organisation invisible y existe.

Malgré le fait que la vie ici soit plus calme et moins bruyante, j’ai énormément de mal à maintenir la quiétude que j’ai acquise. Cela semble tellement contradictoire, surtout qu’au Népal beaucoup de choses m’énervaient. Surtout les premières semaines où je n’arrivais pas à m’y faire et où les problèmes ont commencé.

Mais bien vite, tout me passait au-dessus, et je trouvais plus ou moins ma « place ».

L’éternelle quête

Aujourd’hui, je me retrouve un peu perdu. J’ai retrouvé ma « place » dans mon univers, sauf que je ne m’y retrouve pas vraiment.

Je n’ai jamais réellement trouvé cette place qui nous est prédéfinie, et depuis ce voyage, c’est de plus en plus difficile de s’y faire. J’ai l’impression de stagner et que ce mois passé ici était une perte de temps. Je ne me sens pas vivant et je perds l’envie de partir et de faire des choses.

« Il est dépressif ce garçon » vous allez dire. Mais non. C’est juste que lorsque j’étais au Népal, je ne répondais de rien. Je n’avais aucune obligation, aucun souci en tête (enfin si, mais pas des soucis d’ordre aussi matériel, tel que « comment vais-je payer mon loyer ce mois-ci? »). Ce voyage m’a conforté dans ce que je pensais.

La vie est bien trop courte et il faut en faire quelque chose qui ne nous remplira pas de regrets lorsque sonnera le glas. Il faut qu’à la fin de chaque journée passée, vous réfléchissiez à votre journée. Que vous y repensiez et que vous vous disiez : « je suis content de ce que j’ai fait aujourd’hui« . Et il faut que cette phrase soit répétée chaque soir, pour que la phrase finale soit « je suis content de ma vie« , sans demie-mesure.

Le voyage ça vous change

Après ce petit instant philosophie de comptoir, il est temps de conclure.

Je vous imagine bien derrière votre écran, à vous dire « ils partent au Népal et reviennent nous balancer des généralités comme s’ils avaient atteint l’éveil ». Et je comprends tout à fait cette impression.

Je ne souhaite absolument pas avoir un ton moralisateur en disant cela. Je voulais simplement partager le plus honnêtement possible mon ressenti et ce que j’avais sur le cœur.

Et je n’ai aucunement la prétention de dire « je suis la pour aider les gens à accomplir leurs rêves ». Mais c’est loin d’être une mauvaise chose si à travers ces mots, certaines personnes trouvent la motivation d’accomplir leurs rêves.

C’est très cliché de revenir du Népal en ayant un discours et un mode de pensée un peu différent de ceux avant le départ. Mais ce voyage, même s’il ne s’est pas déroulé comme prévu, m’a beaucoup appris.

Et c’est aussi ça le but du voyage non?! Apprendre et évoluer, se conrstruire ou se déconstruire pour mieux avancer. Je sais juste qu’aujourd’hui, passer ma vie derrière un bureau ne me convient pas. Pas pour le moment. Et je souhaite réaliser mes rêves. Ce que je souhaite à tout le monde.

Mais c’est un long chemin souvent parsemé d’embûches. Alors le tout est de persévérer et de ne pas perdre de vu son objectif. Car tout effort fini par payer, même si ce n’est pas de la manière escompter. Donc accrochez-vous, répandez la bonne parole et ayez la vie dont vous rêvez !

Les pandas roux prévalent !

 

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