Le cerf, roi de nos forêts

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je souhaite lancer un nouveau type d’article sur le site. Ces derniers temps j’ai pas mal écris sur des sujets moyennement fun. En même temps, lorsque l’on parle de protection animale et d’espèces en voie d’extinction, c’est rarement drôle.

Mais c’est un peu triste de lire pleins de choses comme ça toutes les semaines. Pour vous, et pour moi. De plus, ça demande beaucoup de travail et de recherches, car pour être le plus juste possible, j’essaie toujours d’avoir au minimum deux sources différentes. Et des sources qui me semblent fiables. Un article sur un blog nommé « j3nnY-la-petite-prinsess-veteriner-du-95 » ne sera pas forcément un article que je considérerais comme pertinent. Exit la caricature, je pense que vous voyez où je veux en venir.
De ce fait, vous imaginez bien qu’en plus de ne pas être joyeux à écrire, cela demande beaucoup de temps.

C’est pourquoi j’ai envie d’essayer un nouveau type de publication. Afin de ne pas toujours vous offrir du contenu négatif, j’ai décidé de continuer à vous parler d’animaux, mais pas menacés cette fois. Je vous propose de parler d’animaux que vous connaissez, mais sous un angle différent. Je vais vous présenter des anecdotes peu connues sur eux.

Et pour ouvrir le bal, j’ai choisi de vous parler du roi de nos forêts : le cerf ! En plus, ça tombe bien, nous sommes en pleine période du brame.

Alors prenez votre tenue de camouflage et partons à la découverte de cet animal !

Le cerf, un pléonasme

Le vrai nom du cerf est : cerf élaphe. Or, cette appellation est un pléonasme.

Bon, pour ceux qui jouaient à la cocotte en papier pendant les cours de français, je vous rappelle ce que c’est. Un pléonasme est une figure de style où l’expression d’une idée est renforcée ou précisée par un ou plusieurs mots qui n’apporte rien à la phrase. Cette définition n’est pas ouf, donc passons à un exemple. « Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, ce qui s’appelle vu… » dans Le Tartuffe de Molière, est un pléonasme. Comment ça, c’est pas bien comme exemple?

Bon… « Monter en haut » et un exemple de pléonasme plus connu, même si ici cette faute devient une périssologie (redondance qui n’apporte rien à la compréhension d’une idée). Mais eh, on n’est pas en cours de français donc revenons en à nos cerfs !

Du coup, pourquoi cerf élaphe est un pléonasme? Eh bien parce qu’élaphe veut déjà dire cerf en grec. Donc en gros cerf élaphe veut dire « cerf cerf » (volant !).

Le cerf, animal aux milles visages

Mesrine était appelé l’homme aux mille visages car il possédait et changeait souvent d’identité. Le cerf fait presque pareil.

En effet, durant son existence, le cerf va changer plusieurs fois de nom. Et cela est également en rapport avec le sexe.

Jusqu’à l’âge de 6 mois, le petit mâle s’appelle le faon.
De 6 mois à 1 an, il s’appelle hère.
Et de 1 an à 2 ans, le jeune mâle s’appelle daguet, et c’est à ce moment-là que des bois apparaissent.
Puis comme vous pouvez l’imaginer, on fini avec le nom définitif titre de cet article, le cerf.

Pour la femelle c’est un peu plus simple.
Comme pour le mâle, jusqu’à 6 mois on parle de faon.
Ensuite, de 6 mois à 1 an on l’appelle bichette.
Et pour finir, en toute logique, elle sera nommée biche.

cerf faon

Au moins là on est sûr du nom !
(Crédit : mikelentzphotography)

L’habitat du cerf n’est pas la forêt

Difficile à imaginer, car aujourd’hui le cerf vit principalement en forêt. Mais à l’origine, il est un animal censé vivre en plaine. Pour utiliser les mots justes « en milieu ouvert enherbé ».

C’est l’évolution, les glaciations et la chasse de l’Homme qui a conduit le cerf à se réfugier dans les forêts. Mais en Ecosse par exemple, les cerfs vivent encore exclusivement dans des landes ouvertes et dépourvues de forêt. Les caractéristiques morphologiques du cerf appuient cet argument.

Le cerf, un animal qui en impose

Le cerf est le plus grand mammifère de France, et le deuxième (juste derrière l’Elan) d’Europe. Et ce n’est pas pour rien, car le cerf est un mastodonte.

Le cerf atteint une longueur de 1,6 à 2,6 mètres et un garrot allant jusqu’à 1,50 mètres. En plus de cette taille imposante, le cerf possède un certain gabarit, pouvant peser de 60 à 300 kilos. En France, ces chiffres sont revus légèrement à la baisse, notamment en terme de poids. Allant de 120 à 250 kilos, ils font en moyenne 150 kilos.

Les biches, comme souvent, sont plus légères et moins grandes. Elles pèsent entre 67 et 100 kilos et mesure 1,20 mètres en moyenne.

C’est à l’âge de 7 – 8 ans que les mâles atteignent leur taille adulte, alors que les biches l’atteignent à 4 – 5 ans. Encore une fois, les femmes mûrissent plus vite, même chez les animaux.

Enfin, le poids de l’animal peut fortement varier en fonction de l’environnement dans lequel il évolue et la saison. En hiver, les cerfs et les biches peuvent perdre entre 10 et 15% de leur poids. Mais la période où la perte de poids est inévitable est le brame. Les cerfs peuvent perdre jusqu’à 20% de leur poids durant ce mois. Mais on détaillera cela dans un point à venir (ouais je fais du teasing dans mon propre article !).

cerf imposant

« Carrément que j’suis mature ! »

Le brame

Bon, comme vous l’attendiez avec impatience après ce teasing monumental, je vous en parle tout de suite.

Les mâles et les femelles vivent séparément. Mais en septembre, ils se retrouvent afin de pratiquer le sexe. Du 15 septembre au 15 octobre, c’est la période du brame.

Cet évènement est notamment connu à cause du cri du cerf. Ce dernier, pour avertir les femelles qu’il est chaud patate, émet un cri rauque. En plus d’informer sur sa présence, le cri du cerf informe les concurrents et délimite le territoire de l’animal. Le cri du cerf peut être entendu à des kilomètres à la ronde. Sacré cordes vocales !

Durant la période du brame, le cerf devient plus agressif. En cas de rencontre avec un autre mâle, les choses se corsent. Tout d’abord, il va y avoir une phase d’intimidation. Mais après avoir prouvé qui chantait le mieux, s’ensuit un combat violent. Les deux adversaires vont se projeter la tête en avant afin de jouer des fleurons bois. Ceci dans le but de déstabiliser l’autre et de lui faire perdre l’équilibre.

cerf brame

De quoi vous filer une sacrée migraine

Ces combats violents peuvent conduire à des blessures graves voire à la mort par épuisement. Parfois les deux cerfs meurent car leur bois s’emmêle et les empêche de se libérer de la prise de l’autre.

La maturité sexuelle du cerf intervient vers 2 – 3 ans, mais les mâles ne pourront aller sur Tinder que vers 5 – 6 ans. Enfin, le cerf est polygame. C’est un peu le mormon de nos forêts.

Ah, et vous pensiez que j’avais oublié mais non ! Le cerf peut perdre 20% de son poids pendant le brame?! Hein quoi pourquoi?!
Eh bien oui ! Car pour protéger « ses biches » le cerf peut ne pas manger durant toute la période des amours. Quand on dit qu’on peut vivre d’amour et d’eau fraiche (et de castagnes !).

La vie sociale du cerf

Bon, après avoir développé la partie intime de la vie sociale du cerf, parlons de la partie plus publique.

Tout d’abord, le cerf est un animal crépusculaire et nocturne. Ou en tout cas il l’est devenu car les éléments de son environnement l’y ont obligé (notamment l’Homme et la pression de la chasse).

Le cerf est un animal grégaire, c’est-à-dire qu’ils se regroupent en société plus ou moins structurée. Les biches se regroupent en hardes et un seul mâle accompagne cette harde. Mais comme nous l’avons vu précédemment, le mâle n’est présent que durant la saison des amours. Un groupe peut compter jusqu’à 60 biches (beau harem n’est-ce pas?).

Les bois du cerf

Dès l’âge de neuf mois, le cerf voit ses bois pousser. Le poids à ce moment-là, lorsqu’il est un daguet, est d’environ 600 grammes. Mais avec l’âge les bois s’alourdissent et ils peuvent peser jusqu’à 15 kilos. Ils mesurent entre 70 et 90 cm et peuvent même parfois dépasser les 1 mètres.

Les bois sont des organes osseux, qui tombent et repoussent chaque année. Ils tombent au printemps, entre mars et mai, et repoussent quelques jours plus tard. Cette croissance dure environ 4 mois, jusqu’au brame. Chaque année, les bois repoussent un peu plus, les bois sont donc plus grands que l’année précédente.

Pour permettre la pousse de cette excroissance osseuse, les bois sont recouverts de velours lors de la pousse. Il s’agit d’un tissu trégumentaire qui permet la vascularisation et la protection des bois. A la fin de la croissance, le tissu se dessèche et tombe. Le cerf aide cette chute en se frottant aux arbres. Les lambeaux de peau qui restent accrochés aux ramures seront mangés par le cerf.

cerf ramure

Les bois sont un petit paradoxe de la nature, car ce n’est qu’une fois mort qu’ils seront opérationnels. Les bois sont différents des cornes, car il s’agit d’organe vascularisé, et surtout, car ils tombent et repoussent chaque année.

Contrairement aux idées reçues, le nombre de cors (les pointes, andouilles) d’un bois n’a aucun rapport avec l’âge d’un cerf. Ces cors varient entre 10, 14, 16 et parfois même plus. Leur nombre est gage de bonne qualité de vie et génétique du cerf. A partir de 10 ans, le nombre de cors diminue. On dit alors qu’ils se « ravalent ».

Le cerf, un animal mystique

Depuis toujours, le cerf est un animal qui alimente l’imaginaire et le mysticisme.

Il fut symbole de royauté. En même temps il est le roi de la forêt et porte une couronne naturelle. Il a également inspiré l’art, aussi loin qu’on puisse remonter. Nous avons même retrouvés des dessins de cerf dans les grottes préhistoriques.

De plus, le cerf était présent dans les mythes gréco-romains. Il est également devenu un symbole fort dans la culture nordique et chrétienne. En effet, le cerf fut utilisé pour symboliser le Christ par exemple.

J’aurais aimé vous développer un peu plus tous ces mythes, mais vu leur nombre, je vous laisse chercher vous-même et choisir si vous préférez la culture nordique, chrétienne, hongroise et même asiatique.

 


 

Voilà, j’espère que vous aurez apprécié ce nouveau format d’article, et surtout, que vous aurez aimé en apprendre un peu plus sur le roi de nos forêts.

N’hésitez pas à me dire en commentaire si vous avez appris des choses et si vous voulez en apprendre plus sur des animaux qu’on croise par chez nous. Sinon, je ne peux que vous recommander d’aller en apprendre un peu plus sur mon espèce, les pandas roux, ou sur d’autres espèces moins connues comme la panthère nébuleuse (et pleins d’autres espèces, je vous mets ça !).

Bonne lecture à vous !

Papouilles et bambous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.