Un site tenu par un panda roux? Que faites-vous encore là, foncez !

Le renne, emblème de noël

Le renne, emblème de noël

Ça y est, c’est le grand jour ! Ce soir vous allez enfin recevoir de beaux cadeaux, ou finir dans le sac du père fouettard.

Si vous êtes dans le premier cas, vous aurez sûrement besoin d’un peu de divertissement en attendant que le 3e plat principal arrive. Ou le temps que les interminables débats politiques prennent fin. De ce fait, je vous propose cet article qui vous aidera à mieux connaître le moyen de transport de vos cadeaux.

En revanche, si vous êtes dans le deuxième cas… Tout d’abord désolé pour vous. Mais bien fait. Et ensuite, le voyage pouvant s’avérer un peu long (entre la fin de la tournée et le retour au pôle nord) il vous faut bien du divertissement aussi. Et surtout, cet article vous servira sûrement, vu que l’une de vos corvées au royaume du jouet, sera de vous occuper des montures du gros lard monsieur en rouge.

Vous voyez, chacun y trouve son compte. Alors venez et découvrez l’animal mystique de noël : le renne.

Renne ou caribou?

« Pourquoi il nous parle de caribou là? C’est pas un article sur les rennes? ». Eh bien si. Sauf que les deux animaux, que l’on pourrait penser différents, sont en fait les mêmes !

Bon, peut-être que vous le saviez déjà, et donc ça ne vous « blow my mind » pas vraiment.

Donc, si vous ne voulez pas vous tromper, appelez donc le renne/caribou par son nom scientifique : rangifer tarandus.

Sinon, sachez que le terme caribou est seulement utilisé en Amérique du Nord. Avouez que c’est un peu plus facile de se rappeler de ça que du nom scientifique !

D’ailleurs, cette différence de nom est également utile pour différencier deux types de rennes. Sachant que les rennes n’ont jamais étaient domestiqués en Amérique du Nord, le terme « caribou » désigne finalement les rennes sauvages. En Europe, les rennes sont apprivoisés depuis longtemps maintenant, et on les appelle rennes. Voilà. Donc, parfois le terme caribou est utilisé pour désigner les rennes sauvages, qui ne galopent pas pour le père noël quoi.

Le renne domestiqué

Comme nous venons de le voir, le renne subsiste sous deux états : sauvage et domestiqué.

Aujourd’hui encore, l’origine de cette domestication est inconnue. Nous ne savons pas quel peuple a apprivoisé l’animal en premier. Tout ce que nous savons, c’est que ce savoir a été transmis de la Sibérie à la Scandinavie vers 1 000 ans avant Jésus-Christ (ouais, l’animal est ancien, on verra ça plus tard #teaser).

En Scandinavie, c’est les Sames (ou Samis) qui se sont occupés de l’élevage de rennes, et qui s’en occupe encore aujourd’hui. Pour la petite info, les Sames c’est ce qu’on appelle ici les Lapons. Par contre, ne les appelez pas comme ça, car c’est un terme péjoratif. Eh oui, ça signifie « porteur de haillon » en suédois. Après, vous faites comme vous voulez !
D’autres peuples pratiquent l’élevage de rennes. Mais en Norvège et en Suède, c’est un privilège réservé aux Samis.

L’élevage de rennes est assez particulier. En effet, les bêtes ne sont pas enfermées dans un enclos comme le fait l’élevage habituel. Ici, ce sont les hommes qui s’adaptent à l’animal. Et comme ce dernier se déplace énormément en fonction des saisons pour pouvoir se nourrir, les Hommes les suivent.

renne mange

Le renne, un animal ancien

Finalement vous n’avez pas attendu trop longtemps pour avoir la suite !

Bon, quand on dit « le renne est un animal ancien » d’accord. Mais ancien comment? Eh bien, si je vous disais que le renne a vécu à coté des mammouths et des rhinocéros laineux. Ça fait un petit peu vieux là quand même, non?

Le renne, que l’ont connaît sous sa forme actuelle, serait apparut il y a environ 1 million d’années.

Si le renne existe encore aujourd’hui, contrairement à ses deux voisins que j’énonçais plus tôt, c’est grâce à ses faibles exigences alimentaires. En effet, durant les changements climatiques importants qu’a connue notre planète, il a réussi à mieux s’adapter et être moins impacté. En même temps la bêbête est pas bien difficile et ne demande pas grand chose.

Donc voilà, l’animal a même côtoyé nos ancêtres, qui l’utilisaient pour becter et comme modèle artistique dans certaines cavernes.

Transformer la nourriture en chauffage

Le renne se nourrit beaucoup de lichen, mais également d’herbes, de buissons et d’écorces. Le lichen lui étant très utile, il doit souvent creuser la neige pour le trouver. Cette recherche du lichen l’oblige également à beaucoup bouger. Mais pourquoi le lichen est-il si apprécié par l’animal?

Eh bien, parce que le lichen le réchauffe. Je sais, c’est bizarre. Le lichen c’est de la mousse, et si vous en mangiez, il y a fort à parier que ça ne vous feriez rien. Mais pour le renne c’est différent. Le lichen est un aliment très riche qui va fermenter dans le rumen de l’animal. Cette fermentation va dégager de la chaleur et réchauffer le renne. Ainsi, il n’a pas besoin de pratiquer une activité physique pour rester au chaud et il peut limiter ses dépenses énergétiques.

renne lichen
Alors, envie d’essayer voir si ça réchauffe?

Avez-vous l’heure?

Le renne possède également une autre spécificité qui l’a grandement aidé à s’adapter. Il ne possède pas d’horloge circadienne.

Qu’est-ce que donc qu’une horloge circadienne? Je vais faire très simple. Votre organisme repose sur un cycle jour/nuit qui vous fait varier entre éveil et sommeil. Cette horloge varie en fonction des individus, mais celle des humains est de 24,18h. Donc une journée quoi.

Le renne, comme il habite des régions où parfois la nuit dure des mois, et où parfois le soleil ne se couche jamais vraiment… Eh bien, c’est compliqué de s’adapter. Imaginez-vous, quand vous prenez l’avion, comment vous êtes « jetlagué ». C’est parce que votre horloge interne doit s’adapter au nouveau fuseau horaire. Donc le renne, qui habite un endroit où la durée des jours ne cesse de varier… Eh bien, il a plus vite fait de se débarrasser de son horloge. Il ne s’embête pas lui !

C’est une capacité que l’ont avait déjà pu observer chez les truites ou les lézards par exemple. Mais le renne est le premier mammifère chez qui cela a été découvert. Peut-être que c’est le seul. Peut-être que d’autres découvertes vont révéler que non. Il ne serait en tout cas pas étonnant de découvrir que d’autres espèces évoluant dans le même milieu que le renne, puissent développer ou avoir développées cette capacité de débrancher leur horloge circadienne.

renne couché
« Je ferais bien une petite sieste moi ! »

Le renne, bien équipé pour l’hiver

Comme nous l’avons vu, la nourriture de l’animal lui permet de se tenir au chaud. Mais son organisme a développé d’autres compétence pour être à l’aise dans le froid.

Ses poils sont creux. Comme pour l’ours polaire, le renne possède des poils creux qui l’isolent donc très bien du froid. De plus, cela l’aide à nager et donc à traverser les courants d’eau pour rejoindre de nouveaux restaurants naturels.

Comme il n’a pas besoin de trop se dépenser, notamment pour avoir chaud, le renne peut survivre aux hivers grâce aux réserves qu’il a accumulé en été.

Ses sabots l’aident à dépenser encore moins d’énergie lors de ses déplacements dans plusieurs centimètres de neige. En effet, ces derniers sont une sorte de raquettes naturelles qui empêche l’animal de trop s’enfoncer dans la neige. De plus, les sabots s’adaptent aux saisons. En été, la bordure de corne se rétracte pour laisser place aux coussinets. L’animal peut se déplacer facilement sur les marécages.
En hiver, la corne repousse, le sabot prend une forme concave avec un bord coupant qui adhère aux sols glissants et les coussinets se recouvrent de poils.

renne sabot
Les pieds transformers !

Le renne…

Oh non, que vois-je? Le dernier plat arrive pour ceux qui ont été sages et la fin de la tournée approche pour les vilains garnements. Vite, il faut que je vous dise tout ce qu’il reste à savoir sur l’animal !

Les rennes ont des bois

Les rennes, au même titre que les cerfs, possèdent des bois. Ils les perdent durant l’année, et ils repoussent. Le fonctionnement est le même que pour le roi de nos forêts.

En revanche, les femelles en gestation et les jeunes peuvent conserver leurs bois en hiver. Cela facilite leur recherche de nourriture, car contrairement aux mâles, ils ont accumulé moins de réserves.

Les bois peuvent faire 1,5 mètres d’envergures et peser jusqu’à 10 kilos.

Nos amis canadiens appellent les bois « panache ».

Le renne, rapide en course

Les rennes possèdent plusieurs prédateurs. Le principal est le loup, mais les ours sont également des menaces.

Cependant, un renne en bonne santé peut courir plus vite que ces chasseurs. En effet, le renne peut atteindre une vitesse de 70 km/h.

« On m’appelle Flash Gor… Ah merde ! »

Naissance différée

La gestation dure entre 7 et 9 mois. Alors, pourquoi une telle différence de durée?

La mère peut stopper le développement du fœtus. Si la nourriture disponible ne permet pas la survie de la mère et de son enfant, bim, elle met tout en pause.

De même, lorsque le petit arrive à maturité, la mise bas peut être retardée de quelques jours afin d’avoir de meilleures conditions et augmenter les chances de survie du petit.

Reprendre des forces rapidement

Une fois que le petit est né, la maman renne va manger le placenta. Ainsi, elle va récupérer des éléments nutritifs et des hormones qui vont déclencher la lactation.

Le renne est-il menacé?

Aujourd’hui, les rennes et les caribous d’Amérique du Nord pourraient connaître quelques désagréments.

Tout d’abord, le réchauffement climatique impacte indirectement l’animal. Notamment dans l’Ouest du Groenland. En effet, le réchauffement a conduit la nature à adopter un nouveau rythme (éclosion des fleurs plus tôt) mais l’animal lui n’a pas encore adapté son rythme sur ces changements. Ainsi, les jeunes caribous ont accès à une nourriture moins riche, ce qui les rendraient plus vulnérables.

Un autre sujet de préoccupation est la radioactivité. Le lichen absorbe fortement le césium radioactif. De ce fait, les rennes européens ont fortement été touchés par les retombées de Tchernobyl. Ceci peut conduire à des mutations de l’ADN chez l’animal, mais également chez ceux qui s’en nourrissent.


Le mot de la fin

Ouf, on a réussi à finir !

Mais il reste un dernier point que je souhaite aborder. Les rennes du père noël.

Ils sont apparus pour la première fois en 1821, dans un poème de William Gilley : « Avec beaucoup de joie, le bon Père Noël dirigeait ses rennes dans la nuit de Noël. »

En 1882, Clément Clarke Moore, qui était ami avec Gilley, reprend les rennes dans un poème, « La nuit avant Noël ». Mais cette fois-ci, il va leur donner un nom.

C’est en 1939 qu’apparaît enfin Rudolph, dans une histoire de Robert L. May. Rudolph sera réutilisé par Johnny Marks dans une chanson en 1949.

Voilà, nous en avons fini avec cet animal mystique de cette période de l’année. Maintenant vous pouvez vous la péter en balançant toutes ces anecdotes, ou bien faire votre travail de gardien de rennes pour le père noël !

Papouilles glacées et bambou de noël !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu